Désir de grossesse, Témoignage

Témoignage : Quand le miracle arrive après 7 ans d’attente.

7 années d’attente avant de devenir maman. Entre silence, souffrance, jugements et espoir : voici mon histoire.

Sept années de silence, de soupirs, de pleurs, de questions sans réponse et de prières à genoux murmurées au milieu de la nuit. Je m’appelle Clarisse K. et j’ai 37 ans. Mariée depuis 2017 et j’habite à Yopougon, un quartier populaire d’Abidjan (Côte d’Ivoire). Quand je repense à mon parcours d’infertilité, j’ai  encore du mal à croire que je tienne aujourd’hui un bébé dans mes bras. Pendant longtemps, ma vie semblait belle… mais terriblement vide.

Les premières années de mariage, tout le monde était joyeux. On me disait dans tous les vœux : « On te souhaite d’avoir beaucoup d’enfants ». Hélas, ces vœux, si simples à prononcer, mettaient une éternité à se réaliser. Au fil du temps, les mots ont changé et les regards aussi. Trois ans après mon mariage, la question revenait sans cesse : “Et le bébé, c’est pour quand ?” Certains m’évitaient et d’autres murmuraient derrière mon dos : “Peut-être qu’elle a fait des choses avant son mariage…” “ Peut-être qu’elle est stérile.” Même ma belle-famille a commencé à me faire sentir que je n’étais plus vraiment la bienvenue.

Quand chaque question devient une blessure

Au début, je répondais calmement : “Ça viendra, Dieu n’oublie personne.” Mais avec le temps, chaque question devenait une gifle. Chaque fête de famille se transformait en examen, chaque regard en jugement. C’en devenait étouffant. J’ai entendu tout ce qu’une femme peut entendre : “Elle a fait des avortements, c’est pour ça.” “Dieu l’a punie.” “Elle est trop fière, elle n’a pas fait les bons sacrifices…” Même des personnes que j’aimais ont commencé à douter. Et moi, je me suis tue. Parce qu’ici, quand une femme n’a pas d’enfant, on lui apprend à se taire.

Pourtant, chaque soir, dans le secret, je parlais à Dieu : “Seigneur, si tu existes vraiment, donne-moi juste un signe.” J’ai  tout essayé pour tomber enceinte : les tisanes de chez ma tante Kady, les bains de feuilles, les retraites de prière, les traitements traditionnels… J’ai tout fait. Rien ne marchait. Puis un jour, une amie m’a accompagné chez sa sage-femme. J’étais découragée, presque résignée. Elle m’a prescrit Vivagest, et j’ai commencé le traitement sans grande conviction.

Un soir, j’ai voulu tout arrêter. J’étais fatiguée, d’espérer, mais au fond de moi, une petite voix murmurait :« Le miracle vient toujours après l’épreuve. »

Mon bébé, ma victoire

Et puis un matin… Le test a affiché positif. Je suis tombée à genoux. Les larmes coulaient toutes seules. Je riais, je pleurais, je priais…tout en même temps. Ce jour-là, j’ai su que : Dieu n’oublie vraiment personne !

Aujourd’hui, ma fille a 6 mois. Elle rit, elle gazouille, elle m’appelle “maman”. Chaque fois que je la serre contre moi, je sens mes années de douleur disparaître, une à une.

Oui, j’ai attendu. Oui, j’ai souffert. Mais le miracle est venu. À toi, ma sœur, qui attends encore, qui te bats peut-être contre l’infertilité, qui subis les jugements et les remarques… je veux te dire : ne perds pas espoir.

Même quand tout semble impossible, même quand les autres te blessent, même quand tu te sens seule, continue d’y croire et d’avancer.  Parce qu’un jour, toi aussi, tu diras : “J’ai attendu… et le miracle est venu.”

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